Cela faisait longtemps que j'attendais... que j'attendais le moment où j'allais pouvoir dire et écrire ça y est: j'en suis sortie. 

Mon  histoire c'est celle d'une jeune fille qui suite à de nombreux maux qui lui sont siens tombe dans la boulimie à l'âge de 16ans.

La première raison qui m'a poussé à faire ce blog est que lorsque l'on sort de ce combat qui parait perdu jusqu'à la dernière ligne droite on ressent le besoin d'extérioriser cette vie qui reprend sens et cette réappropriation délicieuse de ce que signifie le mot bonheur. 

Comme si le temps s'était figé durant plusieurs années comme si mon âme m'avait quitté comme si...

Je me souviens encore du jour où tout a basculé. 

J'étais amoureuse pour la première fois. Découverte passionnée de sentiments nouveaux, de sensations inexplorées, d'une quête identitaire qui ne trouvait son sens qu'au travers du "nous" que l'on formait mon petit ami et moi. Après de longs mois de promesses, de rires, de pleurs, d'amour intense ce fut la rupture. Un vent dépressionnaire soufflait alors sur mon coeur. Les yeux cernés par la douleur trainant ma peine comme l'on traine un fardeau mon appétit disparut. 4kilos c'est le nombre que j'ai perdu en un temps record et c'était bien là la seule chose que je trouvais positive dans cette sale période. Je m'étais toujours trouvée un peu rondouillette mais rien de très alarmant c'est vrai qu'elle ado ne complexe pas au moment où son corps change le plus ? Face à mon reflet aminci j'éprouvais un étrange sentiment de satisfaction qui jour après jour s'est transformé en obsession. Je me suis alors privée de toute nourriture calorique, me suis mise à pratiquer le sport de façon abusive et j'ai adopté certaines formules [ pas du tout ] magiques [ et destructrices ] que peuvent promulguer les Pro Ana. 

Cette période a duré 3/4 mois. Puis j'ai rencontré un beau jeune homme qui en quelques jours me rendit le sourire. 

Quand tout s'inverse...

Ce vent de bonheur naissant m'a redonné du peps, l'envie de croquer un peu aux plaisirs simples et de laisser derrière moi mon chagrin. Je me suis alors remise à manger petit à petit en continuant à faire attention. Un week-end mes parents sont partis et m'ont laissé la maison j'étais seule. Alors que je me la jouais loque humaine devant des programmes TV dépourvus d'intérêt le petit creux du goûter arriva. Je commence à me laisser tenter par un bout de chocolat puis un autre et un autre et bim en deux minutes terminée la plaquette. Tout d'un coup j'étais complétement dépassée, possédée, comme si toute la privation de nourriture que je m'étais imposée au cours des derniers mois se voulait être rattrapée en une seule prise.

Je vide les étagères, biscottes, brioches, biscuits, céréales, flocons d'avoines tout y passe. J'ai encore faim j'ai faim j'ai faim il faut que je mange vite. Je décide d'aller au supermarché le plus proche, mon ventre ressemble déjà à celui d'une femme enceinte j'ai l'impression que les parois de mon estomac s'étirent à n'en plus finir. J'ai mal mais j'ai encore faim je prends mon courage à deux mains pars et reviens les bras remplis de nourriture grasse sucré salé mais surtout sucré. A peine le sac posé je commence à manger assise par terre car j'ai trop mal pour rester debout. Un relant puis un deuxième je ne peux plus rien avaler. Ne m'étant jamais faite vomir auparavant j'essaie avec mes doigts mais peine. Je saisi donc une cuillère à soupe et l'enfonce dans ma gorge. Je rends je me vide les sensations d'étirements insupportables s'estompent je suis à la fois soulagée et à la fois tellement mal ce n'est pas sans difficulté que j'arrive au lavabo de la salle de bain pour me nettoyer. 10 minutes plus tard mes mains tremblent mes jambes aussi, comme en hypoglycémie la faim revient cette fois ci avec une envie prononcée pour du salé. Je recommence donc à manger manger répète le scénario à l'identique et c'est de cette façon, ce jour précis que sans m'en rendre compte je tombais dans le cercle dévastateur de la boulimie qui allait devenir mon lot quotidien pour les années à venir allant jusqu'à 8 crises par jour au plus mal. 

 

  • Si certains tombent sur cette page sachez; qu'il ne suffit que d'une fois pour tomber dans ce cercle infernal. On pense toujours pouvoir avoir un certain contrôle mais c'est faux.
  • A ces jeunes filles influençables qui se cherchent et qui pour ressembler à ces stars, people, mannequins des mag's seraient prêtes à en arriver à l'anorexie ou à la boulimie dites vous bien cela: en agissant ainsi la seule chose que vous réussirez à faire c'est de ressembler à un zombi oui un zombi pâle, cerné, usé, sans énergie, avec des cheveux ternes qui tombent, des bouts de dents qui sottent, des ongles cassants et j'en passe. Méditez bien l'enjeux en vaut il la peine? Je suis certaine que non.
  • Si vous êtes face à des personnes qui connaissent ce problème il faut réagir. Si ces dernières sont fermées à toute discussion qu'elles sont dans le dénie n'hésitez pas à en faire part à la famille, ami proche, à tout praticien tel que l'infirmier scolaire/universitaire, medecin généraliste et autres personnes suceptibles de leur faire accepter de l'aide. ( Il existe de nombreuses associations dans chaque ville qui traitent parfois gratuitement des troubles psychiques et de comportement..). Vous n'êtes pas seul face à ça croyez moi. 

 

Je ne sais pas si cet article sera lu mais si c'est le cas, il est 3h38 du matin mes yeux se ferment donc veuillez pardonner mes fautes d'ortographe..

Amicalement, Rosa.